Dans la nuit du vendredi 12 au lundi 15 juin 2026, le centre de documentation du site mémoriel de Hersbruck, en Bavière, a été visé par une tentative d’incendie.

Un employé municipal a découvert des traces de suie sur la façade du bâtiment ainsi que des objets ayant servi à essayer d’allumer un feu, avec une bouteille d’hélium rouge sur place. À proximité immédiate, la police a aussi relevé deux graffitis à connotation nazie : une rune SS près des thermes voisins et une croix gammée tracée sur la chaussée d’une rue alentour. Le préjudice matériel reste modeste, environ 800 euros, mais le geste, lui, ne l’est pas.

Le service de la sûreté de l’État a repris l’enquête pour tentative d’incendie volontaire et usage de symboles anticonstitutionnels, et cherche à établir un lien entre les deux faits.

Pour rappel, le camp de Hersbruck était le deuxième plus grand kommando extérieur de Flossenbürg. Les détenus y étaient envoyés creuser, dans la commune voisine de Happurg, un réseau de galeries souterraines destiné à une usine de moteurs d’avion. En seulement onze mois, le camp a vu passer près de 10 000 prisonniers, dont plus de 4 000 sont morts d’épuisement, de faim ou de mauvais traitements.

Le camp a été démoli au début des années 1950, remplacé par un lotissement et des courts de tennis. Il a fallu des décennies pour qu’un centre de documentation s’installe enfin sur le site, projetant aujourd’hui les noms de plus de 9 000 prisonniers. C’est précisément ce centre qui vient d’être pris pour cible.

Quatre-vingts ans après la libération des camps, ce genre de geste rappelle que le devoir de mémoire demande un entretien constant. Les témoins directs se font de plus en plus rares, et ce sont désormais les lieux, les archives et les noms conservés qui portent cette histoire.