L’existence de ce camp extérieur n’est connue que par une liste de transfert du camp principal de Flossenbürg « vers le camp de travail de Dresden Behelfsheim, le 13 avril 1945 ».1 En réalité elle est datée du 12 avril 1945. Le camp extérieur de Dresden (Behelfsheim) est ainsi le dernier camp extérieur de Flossenbürg – peu après le transfert d’un peu plus de 100 déportés le camp principal de Flossenbürg fut évacué, la plupart des déportés furent entraînés dans les marches de la mort en direction du sud.

Alors que le titre de la liste indique 105 déportés, seuls 103 noms sont notés. En plus de six citoyens allemands, parmi lesquels quelques –uns au moins devaient tenir le rôle de Kapo, sont mentionnés 43 Polonais (travailleurs civils, détenus en préventive ainsi que 18 Juifs), 30 Russes (travailleurs civils, prisonniers de guerre et un Juif) sept Tchèques ainsi que deux Croates, deux Juifs hongrois, deux Néerlandais, un Yougoslave, un Slovène et un Italien ; parmi eux relativement beaucoup de déportés « d’un certain âge » (il n’y avait que 23 déportés nés entre 1897 et 1910). Il y avait beaucoup d’ouvriers non spécialisés dans ce transport, mais aussi pour moitié des artisans, tels que serruriers, fraiseurs, électriciens ou menuisiers. Comme c’était l’usage sur beaucoup de listes de transport, l’état général est, là aussi, précisé sous forme de note ; pour la plupart il fut évalué par le médecin du camp responsable par -2- (apte au travail).

En comparant avec les notifications des registres de matricules de Flossenbürg, il est évident que beaucoup de déportés envoyés dans ce convoi devaient se trouver dans un état physique extrêmement mauvais. Pour certains déportés les notes n’indiquent pas superficiellement les maladies ou quelque chose de tel : Ainsi parmi ceux qui ont été envoyés il y a trois Juifs polonais, qui, en août 1944, arrivèrent à Flossenbürg en provenance du camp de concentration de Plaszow. Peu de temps avant d’être envoyés à Dresde, beaucoup d’entre eux étaient cependant retournés à Flossenbürg, arrivant des camps extérieurs, dans lesquels des maladies sévissaient et faisaient de nombreuses victimes, comme à Ansbach et Zwickau. D’autres, qui d’après les registres de matricules arrivaient directement de Flossenbürg, ont la mention « K » pour Krankenrevier très exactement, suivie des numéros des blocks de quarantaine 22 et 23. Pour quelques déportés il n’y a absolument aucune mention sous les numéros matricules correspondants de la source principale ; la liste de transfert représente juste la seule preuve connue et nominale de leur destin.

On ne sait pas vraiment en quoi consistait le camp extérieur (Behelfsheim). En raison des évènements esquissés, c’est-à-dire de la période tardive du convoi, de l’état de santé vraisemblablement mauvais des déportés et de la moyenne d’âge relativement élevée, on pense qu’il a fallu éloigner les déportés malades du camp principal déjà surchargé. De plus ce convoi tardif s’ajoute à une série de transferts qui –sans doute pour la même raison- eurent lieu peu avant la dissolution du camp principal de Flossenbürg vers différents camps extérieurs, mais presque toujours en direction du sud.

1 Überstellungen von Flossenbürg in Aussenlager, in :CEGESOMA, Mikrofilm14368

Ulrich Fritz

Extrait de l’ouvrage de Wolfgang Benz et Barbara Distel « Der Ort des Terrors » p. 77, 78.
Traduit de l’allemand par Nadine Goujon le 25 avril 2014.

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