Le camp extérieur d’Ansbach, situé à environ 40 kilomètres au sud-est de Nuremberg, a existé du 13 mars au 4 avril 1945. Les détenus étaient hébergés sur les gradins de la grande salle Rezat (Rezathalle) et dans les environs de la salle tout près de l’abattoir et de la gare principale; ils devaient déblayer les voies ferrées après les bombardements. Les quelques 700 détenus en provenance du camp de concentration de Flossenbürg étaient pour plus de la moitié des non-juifs Polonais et Russes, auxquels il faut ajouter environ un tiers de Juifs de Pologne et de Hongrie, ainsi que d’autres plus petits groupes de détenus venant au total de 19 nations1. L’équipe d’hommes de garde, qui comprenait environ 24 personnes, se composait de membres de la SS de Flossenbürg, de membres de la Wehrmacht et bien sûr aussi du Volkssturm. Le chef de camp était Fischer, un SS-Hauptscharführer.

Comme une grande partie des détenus était arrivée déjà épuisée et affamée, que le travail à Ansbach était dur et l’alimentation insuffisante, dès le début de trois à cinq détenus mouraient par jour. D’après la déposition du détenu Bernat B. il n’y avait strictement rien à manger les premiers jours, plus tard c’est l’eau, dans laquelle on avait fait bouillir des saucisses dans l’abattoir proche, qui servait de nourriture. Plusieurs fois est revenu dans les déclarations des détenus le fait que ces hommes affamés auraient mangé des morceaux de cadavres d’animaux, qui se trouvaient dans un train détruit sur le terrain de la gare. Aucun médicament n’était distribué aux détenus, des soins médicaux sommaires étaient donnés par un médecin détenu de la brigade de construction de voie ferrée travaillant à proximité, qui était constituée de détenus du camp de concentration de Sachsenhausen. Les possibilités de se laver et les installations sanitaires étaient largement insuffisantes pour 700 détenus2

D’après un livre des décès qui nous est parvenu, au moins 72 détenus sont morts dans le camp de concentration extérieur de Ansbach durant les trois semaines de son existence3. Deux détenus réussirent à fuir. Le 31 mars 1945, peu de jours avant l’évacuation du camp, il y avait encore 494 détenus à Ansbach4. Le camp extérieur fut dissous le 4 avril 1945 ; environ 93 détenus partirent à München-Allach en passant par le camp de concentration de Hersbruck ; 397 détenus furent reconduits à Flossenbürg. De Flossenbürg une partie fut envoyée dans d’autres camps extérieurs, comme par exemple dans le camp extérieur de Dresde (Behelfsheim) qu’ils atteignirent le 13 avril. La majorité des détenus quitta Flossenbürg à marches forcées en direction du sud5.

Les cadavres de 51 victimes du camp de concentration extérieur de Ansbach furent enfouis dans une fosse commune par la SS dans un petit bois proche du cimetière forestier de Ansbach ; ils furent exhumés après 1945 et, sans qu’une identification ait pu être possible, inhumés dans le cimetière forestier. Près de la Rezathalle, à faible profondeur, on trouva également après 1945 cinq cadavres, qui furent inhumés dans le cimetière forestier. Il s’y trouve un mémorial inauguré en 1950. La stèle en granit de Flossenbürg porte une inscription erronée, qui parle de 58 victimes (en réalité : 56) des marches de la mort (en réalité du camp de concentration extérieur de Ansbach). Une enquête du bureau central de l’administration judiciaire commencée en 1966 à Ludwigsburg fut interrompue en 1976.

1 BArch Berlin,Bestand ehem. ZStA, Dok/K 183/11, S. 108.
2 Vgl.zu den Verhältnissen die Häftlingsaussagen in : BArch Ludwigsburg, ZStl IV 410 60/75.
3 AVG, vorl. Ordner 2127 (Totenbuch des KZ-Aussenlagers Ansbach mit 64 Namen und 8 Nummern).
4 Stärkemeldung, 31.3.1945, in: ITS Historische Abteilung, Flossenbürg Nr 10, Bl. 85.
5 Diana Fritz, Ansbach unterm Hakenkreuz, Ansbach 1994, S. 176.

Littérature
Diana Fritz, Ansbach unterm Hakenkreuz, Ansbach 1994,
Alexander Schmidt
Extrait de l’ouvrage de Wolfgang Benz et Barbara Distel « Der Ort des Terrors » p.65- 66
Traduit de l’allemand par Nadine Goujon le 24 mars 2013.

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